Impôts locaux, taxe d'habitation, taxe foncière, fiscalité locale, centres des impôts

Christian Estrosi

Le délire des impôts locaux

Une hausse de près de 50 % de la taxe foncière à Paris, de 18 % de la taxe d’habitation à Nice : les élus locaux ont-ils perdu la raison ?

impots locaux taxe fonciereEn pleine crise économique, alors que le chômage bondit, que l’Etat diminue l’impôt sur le revenu des Français les plus modestes pour soutenir la consommation, que les députés renoncent à taxer les niches fiscales de peur de compromettre le moindre sursaut d’activité, les maires et conseillers généraux augmentent les impôts locaux. Et pas un peu ! « C’est la plus forte hausse enregistrée depuis dix ans », relève Olivier Régis, délégué général du Forum pour la gestion des villes et des collectivités territoriales. Une dérive qui ne remonte pas à hier : alors que le gouvernement essaie depuis cinq ans de contenir la pression fiscale, les communes, départements et régions ne cessent d’augmenter la leur : + 20 % pour les départements, +36 % pour les régions. « Ces augmentations, qui se

La taxe Delanoë

L’arbre du carbone cache la forêt des impôts locaux. Taxes foncières et taxes d’habitation arrivent chez le contribuable et, en pleine crise, c’est un chapelet de hausses.

bertrand delanoe taxe taxes locales impots locaux paris« Trente neuf mille entités distinctes, dit le rapport Balladur sur la réforme des collectivités territoriales, disposent de la capacité à lever l’impôt » (communes, syndicats de communes, départements, régions…) Au total, le produit des quatre principales taxes locales (habitation, foncier bâti et non bâti, taxe professionnelle) atteint 70 milliards d’euros ; avec les autres, cela dépasse les 100 milliards. Effet des « déconcentrations », « décentralisations » et transferts de compétences, ces collectivités ont recruté, depuis vingt ans, deux fois plus que l’Etat. Leurs dépenses de gestion (148 milliards d’euros, selon la banque Dexia) ont augmenté de 5,6 % l’an dernier et de 4,6 % encore cette année ! C’est ce qui motive la simplification des structures (par la fusion de plusieurs d’entre elles), voulue par le chef de l’Etat et exposée par Edouard Balladur, afin d’engager un mouvement de repli des dépenses – et des impôts.

Prenez l’exemple le plus voyant : Paris. Ici, la ville et le département ne forment qu’une seule entité au lieu de deux. Une structure de moins, le modèle Balladur ! Eh bien que fait le maire, Bertrand Delanoë ? Tant que les

Christian Estrosi organise une garden-party aux frais de la République

Ça bouchonnait anormalement jeudi soir à l’entrée du Centre administratif. A l’heure où les bureaux sont fermés, on se bousculait pour y entrer. Et pas vraiment pour une course aux cartes de séjour, comme c’est le cas tous les matins. L’événement, c’était la garden party donnée en l’honneur de Christian Estrosi, nouveau ministre de l’industrie.

estrosi-ciotti-nice-conseil-departement-garden-partyJeudi soir sur la pelouse du Conseil général se serraient « 1500 personnes » selon les organisateurs. Plutôt 500 selon nous, mais là n’est pas l’important. Le président Eric Ciotti (dont on murmure qui se serait brouillé avec son ami de toujours, Christian Estrosi), avait convié le ban et l’arrière ban de la droite locale, mais aussi beaucoup de « serviteurs de l’état » : le préfet évidemment, le président du tribunal, le recteur d’académie. Il y avait aussi l’évêque, plein d’élus, des fonctionnaires, des militants UMP à la pelle. Un parterre de « gens qui comptent » et de « pique-assiette » venus sincèrement féliciter l’homme fort du Département. France 3 Côte d’Azur avait même prévu un duplex pour l’occasion.

Ne manquaient que les représentants de la police nationale, peut être toujours échaudés par le récent dérapage de Christian Estrosi qui avait

Tous les revenus des élus locaux : Nice

Tous les revenus mensuels des activités politiques des élus Niçois.


patrick Allemand (ps): 6 697 euros

bernard Asso (ump): 5 531 euros

joseph Calza (ump): 5 531 euros

eric Ciotti (ump): 9 730 euros

honoré Colomas (ump): 8 165 euros

christian Estrosi (ump): 9 730 euros

dominique Estrosi-Sassone (ump): 8 165 euros

Impôts locaux : les Alpes-Maritimes accusent le coup

La baisse des droits de mutation pèse lourd sur le budget 2009. Pour maintenir son niveau d’investissement, le département a voté une hausse de 15 % des impôts et le recours à l’emprunt.

impot-impots-budget-recettes-locaux-emprunt-droits-de-mutation-investissement-departement-alpes-maritimes-christian-estrosiAprès un recul en 2008 de 5,8 % des recettes liées aux droits de mutation, le budget 2009 du département des Alpes-Maritimes prend en compte une baisse de 20 %, soit une diminution de 72 millions d’euros.  » Un choc budgétaire qu’il nous faudra encaisser et surtout surmonter « , a reconnu Eric Ciotti, président UMP du conseil général. D’autant que les droits de mutation représentaient dans les budgets précédents jusqu’à 30 % des recettes de fonctionnement. Pour maintenir un niveau d’investissement élevé et contribuer au plan de relance, l’assemblée départementale a donc choisi d’augmenter de 15 % la fiscalité, après plusieurs années de pause, ce qui permettra de faire rentrer 45 millions de recettes supplémentaires. Le département pourra aussi compter sur le versement de la part de l’Etat de deux années de compensation de TVA, soit 32 millions. Enfin, il a été décidé de recourir à l’emprunt pour un montant de 243 millions d’euros.